L'esclavage à la Réunion

Publié le par Jacques Leroux

La maison Panon-Desbassayns devenue musée Villèle de l'esclavage à Saint Gilles le Haut

Sculptures visibles au Musée de Villèle.

Les premiers colons français se sont installés sur l'Ile Bourbon (La Réunion) vers 1665. Ils sont accompagnés d'une main-d'oeuvre malgache qui a le statut de "serviteur". La culture du café puis des épices requièrent une main-d'oeuvre importante. L'administration de l'Ile est confiée quelques années plus tard à la Compagnie Française des Indes créée en 1719. Elle avait le monopole du commerce entre la France et tout l'océan Indien. La traite des esclaves faisait partie de ce monopole, et, au fur et à mesure du peuplement de l'Ile, le commerce des êtres humains se développa. Les esclaves vendus à La Réunion étaient originaires de l'ouest de l'Afrique, de Madagascar et du sud de l'Inde.

 Esclave du Mozambique - D'après un dessin de Mallais - 1861

Les restes de l'usine sucrière construite par Mme Desbassayns au début du 19ème siècle

Le "code noir" est sensé régenter la traite et l'entretien des esclaves mais il n'est pas appliqué. Créé en 1685 aux Antilles, il ne sera pris en compte à La Réunion qu'en 1723. Il n'y est quasiment jamais fait référence. C'est à cette époque que quelques esclaves s'enfuient et deviennent des esclaves "marrons". Ce qualificatif vient du mot espagnol "cimarron" qui signifie "fugitif". Ils se réfugient dans les "hauts" tels Cilaos, Mafate ou encore Salazie.

Site de Cilaos

En 1725, la traite des esclaves devient "libre" moyennant la paiement d'un droit. Ce commerce va se développer. En 1786, on rescence 45 000 esclaves et 26 284 habitants ! En 1794, la convention issue de la Révolution Française abolit l'esclavage. Napoléon 1er le rétablira en 1802 ! En 1810, les britanniques s'installent à la Réunion et interdisent la traite des esclaves. Les français récupèrent l'Ile en 1815. Un traité signé en 1816 interdit la traite des esclaves en France et sur l'ensemble de son territoire, mais elle continue dans la clandestinité. 

Il faut attendre 1848 pour que, officiellement, La Réunion mette fin à cette pratique. C'est Victor Shoelcher qui prône l'abolition de l'esclavage en France. La loi est votée le 27 avril 1848. Ce n'est que le 20 décembre de la même année que la loi s'applique à La Réunion.

Ces quelques notes sont extraites d'un recueil de 56 pages, édité en avril 2019, intitulé "La vie quotidienne des esclaves chez madame Desbassayns" réalisé par l'Association Kan Villèle

Musée du Villèle - Domaine Panon Desbassyns 79 435 SAINT GILLES LES HAUTS

Textes et iconographie

Alexis MIRANVILLE (historien)

Typographie et mise en page

Jean-Marie ITEMA IMEBES

Site internet : www.kan-villele.org

 

Publié dans Sur le motif

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